Ultimes rituels – Yrsa Sigurdardottir

Ultimes rituels – Yrsa Sigurdardottir

Bon, on va se crever le suspense de suite. Sur la couv, il y a écrit deux point ouvrez les guillemets, Un des meilleurs écrivains de suspense venu du nord, et c’est le New York Times qui le dit…

Mazette.

Ils lisent quoi d’habitude au New York Times ?

Le pitch, on s’en cogne. Sans intérêt.

Juste que tu saches qu’un mec est mort, assassiné, et qu’on a fait des trucs bizarres avec son corps et ses yeux.

Juste que tu saches aussi qu’il devrait y être question de sorcières, de chasse, d’enquête, tout ça tout ça.

Je te cause pas du style auquel, tu me connais, je suis très attaché, puisque de toute façon, il n’y en a pas. Pas de style, pas d’enquête, pas de jolies phrases auxquelles tu pourrais t’attacher.

Rien.

Déçu, mais alors grave déçu.

Je l’ai terminé parce que j’ai espéré jusqu’à la fin un paragraphe, une phrase, pour relever le niveau.

Rien.

Le vide intersidéral.

Je me souviens du clan des sept, que je lisais dans mes très jeunes années, et là, au moins, il y avait de l’action. Une équipe, des potes qui enquêtaient pour de vrai.

Là, rien, je te dis.

Tu commences à t’ennuyer, parce que j’ai décidé de rester poli et bien élevé, à partir de la page 12, quand Tryggvi (les noms islandais, le pied) termine son café, et ça dure jusqu’à la page 502, quand :

« Elle entendit son portable sonner dans sa poche de manteau et décrocha.

« Salut m’man, lança son fils d’une voix joviale.

– Salut mon chéri. Comment ça va ? Tu es rentré à la maison ?

– Oui, j’y suis, avec Sigga, répondit-il, un peu embarrassé. On discute des prénoms, comme tu m’as dit. Et on se demandait : Pepsi, c’est un nom de fille ou de garçon ? »

Je déconne pas. Tout le bouquin est comme ça.

Je te fais grâce des manuscrits cachés depuis des centaines d’années que personne a jamais pu retrouver alors qu’ils sont dans des endroits tellement évidents que même ton môme de cinq ans les aurait trouvés, je te fais grâce des amis ridicules et défoncés qui t’arrachent les yeux quand t’es mort (ooppss, spoiler), et je te fais grâce aussi des deux personnages principaux qui se détestent au début et qui finissent par tomber amoureux dans le courant de la fin du bouquin.

Je te cause pas non plus du fait qu’en Islande, c’est pas les flics qui enquêtent mais les avocats, parce que les flics sont un peu concons et qu’ils comprennent rien à rien, mais c’est qu’en Islande que ça existe parce qu’ailleurs les avocats font leur boulot d’avocat…

Pourtant, ça aurait dû me plaire un peu.

Des meurtres rituels, de la religion, des sorcières, mais que dalle.

Je t’ai dit plus haut, le vide intersidéral.

C’est écrit comme une rédac de quatrième, si le collégien avait piqué les ecstas de sa grande sœur, et c’est tout.

C’est peu pour justifier les dithyrambes dont cette auteuse est couverte.

Je sais pas ce qu’elle a écrit après, et je veux surtout pas le savoir. J’ai perdu deux jours à lire ce truc, et je vais donc en rester là.

C’est tout ce que j’ai à dire…