Reflex – Maud Mayeras

Reflex – Maud Mayeras

Éditions Anne Carrière

Il est rare que je dithyrambise sur un livre. Donc, voici l’exception, qui confirmera une règle toute prête à être modifiée.
Je viens de terminer un livre de Maud Mayeras. Le livre, c’est Reflex.

Je la connais un peu maintenant.

On a passé du temps ensemble.

Je la connais un peu parce que ses mots m’ont touché, et que je viens de me prendre une gifle monumentale.
J’avais eu ça, déjà, avec « Grossir le ciel » de Franck Bouysse et « La faux soyeuse » d’Éric Maravelias.
Trois gifles en une année, c’est beaucoup plus que ce que je supporte d’habitude…

Maud écrit. Et elle écrit foutrement bien.

Parce qu’écrire sur la maltraitance sans sombrer dans le larmoyant, c’est pas gagné…

Parce qu’écrire sur la violence faite aux femmes sans tomber dans le cliché éculé des années 70, c’est pas gagné non plus.

Elle t’emmène, elle te promène, elle te laisse croire que t’as tout compris… Mais c’est une erreur. T’as pas compris du tout.

Tu es juste happé par ce style, nerveux, qui te donne l’impression d’être tellement simple… Mais rien de simple. Rien de facile. Juste du travail.
Des larmes, sans doute, plein ses bras, pour pouvoir accoucher de ce roman, et quand je dis accoucher, je pèse mes mots. La douleur de l’enfantement est là, bien présente, la peur du devenir de l’enfant, de celui que nous allons porter sur nos épaules et dans lequel nous fondons parfois tous nos espoirs, celle qui nous dévore au point de parfois nous empêcher de l’aimer…

J’espère qu’elle va bien.

Moi, j’ai pris une baffe. Une vraie.
Il vient de sortir en poche, alors même si t’as décidé de faire des économies sur le papier pour épargner les forêts équatoriales, va l’acheter !