Ragdoll – Daniel Cole

Ragdoll – Daniel Cole

La bête noire

Une idée. C’est ce que je me suis dit en lisant la quatrième de couv… Et une bonne idée. On te promet du « SevEn », et ça c’est pas rien. Donc je me dis que je vais me régaler… Comme c’est souvent en ce moment qu’on me dit que je vais me régaler, j’attends la déception du mois.

Je te dis pas tout de suite, tu verras.

Le pitch, d’abord, même si tu sais que j’aime pas trop ça.

Wolf (acronyme), il est inspecteur. Il est violent, c’est sûr, mais c’est parfois nécessaire dans ce boulot. Parce que t’as pas le choix, souvent, et que la violence elle t’aide à rendre la justice, parfois. Et justement, il décide de rendre la justice à la place de la justice lors du procès d’un tueur en série. Un mec bizarre qui fait cramer des petites filles. 27 en 27 jours, tu vois le style ? Le tueur pour de vrai… Méchant, et tout et tout.

Mais comme on n’a pas le droit de rendre la justice, il est viré de la police, et on met un terme à sa carrière pendant quelques années.

Il est alcoolique aussi, et raciste, alors il est déchu. Genre bouc émissaire.

Puis finalement, comme il est pas mauvais dans son job, on le réintègre. Ça tombe bien, parce qu’on vient de trouver un cadavre. Pas un cadavre à la con, comme d’habitude, mais un corps fabriqué avec des morceaux d’autres corps.

Tu vois le genre ?

Et en plus, le tueur est un comique. Il donne à la presse la liste de ceux qui vont mourir après et la date de leur mort. Il est fort ce tueur. Ça c’est pas drôle. Ce qui est drôle, c’est que Wolf (acronyme, donc) il est sur la liste. C’est le dernier.

Donc forcément, il faut qu’il trouve le tueur. C’est le pitch.

J’ai bon ? C’est pas trop long et j’ai pas trop dit ?

Du bon boulot d’écriture. Pas de quoi tomber de ton canapé ou de ta chaise en bois, mais du bon boulot. Il y a de l’action, et de quoi en faire une série sur Netflix, d’ailleurs ça doit être prévu…

Ça t’emporte bien, et ça te fait tourner les pages. C’est le but, non ?

L’histoire est bien rythmée, comme ils disent, les internetifs.

Tu vas chercher le coupable, toi aussi, et tu vas te faire avoir, toi aussi, jusqu’au dernier tiers, où là, comme moi, et sûrement comme plein d’autres, tu vas savoir. C’est ballot. La fin a été vite faite, et ça se sent.

On est à des années lumière de « SevEn ». Des années lumière.

Mais bon, quid des personnages ?

Ils sont plutôt bien dessinés, leur psychologie est aussi bien travaillée, et c’est pas tout le temps le cas dans ce genre de roman.

J’ai bien aimé Emily. C’est la collègue de Wolf (acron…) et j’ai bien aimé aussi la manière dont le lien est dessiné entre eux.

Et puis Edmunds. Mon préféré. Tu verras.

Le talent, faut quand même pas le nier, de Cole, c’est d’avoir malgré les défauts que tu vas croiser, un vrai thriller psychotruc.

D’avoir en fait écrit un bouquin dont tu vas tourner les pages avec plaisir.

C’est le but, non ?

Alors évidemment que quand tu l’auras refermé tu vas l’oublier aussi vite que tu l’auras lu (je te donne deux jours) mais bon,

si t’as rien à lire en ce moment, pas un seul David Vann qui traîne, ou pas de Wagamese, tu peux commencer celui-ci.

Tu vas pas te faire suer, mais t’attends pas à plus que ça.