Le sillon – Valérie Manteau – Prix Renaudot 2018

Prix Renaudot 2018

 

Deux ans après « Calme et tranquille », premier roman sensible ; cette ancienne chroniqueuse de Charlie Hebdo nous immerge dans une autofiction amoureuse et politique, au cœur d’Istanbul. Une ville pleine de passions. Comme son récit, aussi brûlant que chaotique…

Une femme

A priori, Le Sillon veut conter l’histoire d’une femme, française et auteure, qui rejoint son amant en Turquie. Une femme qui a travaillé à Charlie Hebdo, publié un premier livre, et souhaiterait s’engager dans un deuxième ouvrage tout en vivant intensément ses amours polyglottes et contrariées. Sans oublier, bien sûr, de découvrir (et comprendre) Istanbul ! Autant dire que Valérie Manteau, qui enchevêtre en permanence introspection et récit collectif, se met clairement en scène à travers ce double fictif. Lucide. Un peu fouillis, aussi.

Une ville

Épousant les tours et détours de sa pensée (et de ses rencontres), le texte du Sillon avance souvent, en effet, de digression en digression. Au risque de perdre son lecteur, surtout s’il est peu au fait de l’histoire comme de l’actualité turque. Il serait dommage, pourtant, de le lâcher en cours de route. Déjà parce que cette écriture à vif permet de restituer non plus seulement les contradictions de la narratrice, mais aussi les multiples chaos d’Istanbul, ville passionnante et passionnée. Bien joué !

Un héros

Et puis surtout, Le Sillon a la bonne idée, peu à peu, de se resserrer sur un personnage clé de l’histoire politique de la Turquie : Hrant Dink, un journaliste turc et athée d’origine arménienne, rédacteur en chef du journal Agos (Le Sillon), assassiné en 2007 à Istanbul. Bien vu : ce promoteur de la paix ordonne et fait vibrer comme jamais ce récit foisonnant. Incidemment, son parcours en dit long sur la Turquie… comme sur la France (quel silence éloquent au moment de sa mort !).

17,00

Catégorie : Étiquette :

Avis

Il n’y pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Le sillon – Valérie Manteau – Prix Renaudot 2018”