La vraie vie – Adeline Dieudonné – Prix du roman FNAC 2018

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Quelques avis, différents, à toi de te faire le tien…

Jean-Claude Raspiengeas trouve que c’est la vraie révélation de cette rentrée

J-C R : C’est vraiment le surgissement d’un auteur totalement inattendu, sur un sujet que personne n’attendait non plus. Adeline Dieudonné est quelqu’un qui sort de nulle part en ce qui concerne la littérature, même si elle avait fait des nouvelles en Belgique.

Elle a l’art de faire sentir la terreur familiale avec ce père, dont elle dit qu’il a une carrure d’équarrisseur. C’est un sujet qu’elle traite par une sorte de fantastique réaliste avec des scènes extrêmement fortes.

Elle aurait pu appeler ça aussi Les nuits du chasseur parce qu’il y a une violence domestique. C’est aussi un roman sur la violence de l’homme sur la femme. À un moment, Alice Dieudonné dit qu’à la fin des séquences rituelles où la mère se fait tabasser, elle finit comme « une taie d’oreiller vide« . Cette femme est dans le mutisme, dans la résignation, dans la soumission. Et on a ce couple de ces deux enfants qui vont se séparer puisque le frère va partir dans une sorte de démence, mais ils sont quand même solidaires face à cet ogre, cet ogre qui a décidé de les tuer d’où cette scène de chasse à l’enfant dans le bois.

À un moment, Adeline Dieudonné a cette phrase très simple pour traduire l’effroi de la famille :

Je crois que dans cette famille personne n’aimait le moment où on se retrouvait réunis autour du repas du soir.

C’est une très belle surprise de la rentrée.

Michel Crépu est consterné

M. C. : Il n’y a aucun travail littéraire dans ce texte où tout est soumis à un espèce de jeu aléatoire pulsionnel. Rouvrez 5 mn Stephen King et faites la différence !

C’est le top du néant littéraire. Il y a des premiers romans qui sont tout à fait capable de faire exister des personnages, des êtres humains, des situations…  Là, il n’y a aucun processus, aucun véritable enjeu, ce sont juste des entrechocs de pulsions…

De grâce, un peu de complexité, un peu de paradoxe, un peu de finesse – y compris dans le monstrueux !

Pour Arnaud Viviant, c’est de la littérature pour enfants

A. V.  : Je ne savais pas qu’on faisait la littérature pour enfants, je suis heureux de l’apprendre, ça va nous ouvrir des perspectives… On va attendre que Le Club des cinq sorte en Pléiade, comme ça on pourra en parler un peu sérieusement avec un appareil critique, des notes, etc. ! C’est de la littérature pour enfants avec, effectivement, tout : la défloraison, l’adolescence, le meurtre du père, la défense d’y voir…

Déjà qu’on vit dans un monde qui nous infantilise, qui nous dit ce que l’on doit faire ou pas tous les jours ! Maintenant, les livres que l’on doit lire, ce sont des livres pour enfants ! Non mais attendez ?

C’est pas trop long, c’est écrit gros ! Il manque les pages de coloriage ! Il faudrait colorier la chantilly qui explose, ça ferait de beaux dessins !

Nelly Kapriélian a posé son joker

N. K. :  C’est compliqué. Je n’aime pas dire du mal d’un premier roman… Je lirais son deuxième roman, celui-là je l’ai trouvé un peu fabriqué.

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