Joe Meno – Prodiges et miracles

Agullo Éditions

« Peut-être que le cheval, dans toute sa splendeur, était en réalité le Saint-Esprit ; peut-être qu’il était Dieu en chair et en âme ; »

C’est l’histoire de Jim, de Quentin, et d’un cheval blanc.

Jim est le grand-père de Quentin.

voilà. Le pitch le plus court de l’histoire des pitchs…

Sans doute aussi une histoire de magie quand cette jument surgie de nulle part réinvente le lien entre ce grand-père et son petit garçon. Un lien tellement distendu qu’ils ne font plus que vivre l’un à côté de l’autre. Que le regard du grand-père sur ce petit-fils est plus souvent proche du mépris que de l’amour. Évidemment, puisque Jim est un peu raciste…

Quentin est métis.

Il n’a pas connu son père.

En effet, sa mère n’a jamais pu lui dire qui il était. Sa mère, d’ailleurs, il ne la croise qu’épisodiquement, entre deux shoots de drogue.

Le roman, c’est ce que d’aucun appelle un road-trip. Ça veut dire que tu te balades sur les routes de l’Amérique un peu profonde.

Il y a de la nature, un peu, de l’animal, beaucoup, et puis de l’homme, avec ses défauts, ses noirceurs et son âme.

Tu te souviens de Donkey Kong ?

Il y a du Donkey Kong aussi.

Il y a des poules, celles qui font des œufs, et puis la guerre de Corée, d’où le grand-père est revenu.

Un truc qu’il n’y a pas vraiment, c’est de l’avenir.

Certains ont dit qu’ils voyaient un peu de McCarthy dans ce roman. Sans doute.

Moi, j’y ai juste vu une histoire que tu peux pas lâcher, un peu comme quand je lisais les romans de « L’étalon noir » quand j’étais môme.

Des prodiges, des miracles, il y en a tout au long de ce roman.

De la musique, aussi.

Un peu.

Dans le casque de Quentin.

Et puis ça sent le graillon, parfois, quand leur périple passe par les fast-foods que l’Amérique a déposés tout au long de ses routes, comme pour que les habitants oublient que leur pays est en crise…

« Prodiges et miracles ».

Ça veut dire magique, donc.

C’est tout ce que j’ai à dire sur ce roman.