Mauvaise graisse – Patrick K. Dewdney
Mauvaise graisse – Patrick K. Dewdney

Mauvaise graisse – Patrick K. Dewdney

Mauvaise graisse – Patrick K. Dewdney

Éditions J’ai lu

 

 

Comment te dire…

Le garçon, j’ai tout aimé de lui, même si je suis resté scotché à « Écume » et surtout à « Crocs ».

C’est là : https://leslivresdelie.net/165/

Donc quand je suis tombé, tout à fait par hasard (j’étais allé chercher Paris Smatch et Voilà), mon sang n’a fait qu’un tour et après un regard rapide autour de moi, je me suis emparé de ce petit roman…

Je déconne pour Paris Smatch et Voilà, Ghislaine, je déconne, t’inquiète pas. Je vais pas filer de la thune pour ce papier glacé qui n’essuie même pas bien le caca qu’il distille au fil des semaines.

Bon, ça, c’est fait.

Ce roman nous cause de François Martin.

François Martin, c’est un mec qui vend des chauffe-eaux chez les vieilles dames en Creuse. Il sait que c’est une arnaque, que l’obsolescence programmée du matos est de l’ordre de deux semaines, mais ça fait rien. Ce qui est chouette, c’est de se dire après la vente « Putain, mais qu’est-ce que je suis bon vendeur ! ».

Tu veux un p’tit bout ?

 

« Je suis assis là, à ruminer le stress et mon amère incapacité à pouvoir aimer les enfants ou les attardés, tout en cherchant une combine pour échapper à l’inévitable. Mais il n’y a pas que ça. Dans le flou du stress qui monte, j’essaie aussi d’être honnête avec moi-même.

C’est dur. »

 

Le roman, c’est l’histoire de la neige qui tombe.

Qui tombe de plus en plus dru, au point que François Martin doit laisser sa voiture dans la cour de la ferme qui est au bout du chemin.

De la neige qui tombe et qui étouffe le bruit de la vie de François Martin, cette vie qui va s’arrêter dans quelques mois d’après le message de son toubib. Des tumeurs partout, qui ressemblent sans doute à cette neige qui recouvre le paysage et la vie des gens.

Tu connais cette sensation, qui t’emporte vers le rien ?

Tu te souviens de cette odeur, celle du sapin vert qui pend au rétroviseur ? Ce rétroviseur dans lequel si tu cherches bien, tu peux apercevoir des morceaux de ta vie…

Tu te souviens de cette odeur de frites froides et de clopes à moitié éteintes ?

Ce sont ces odeurs qui étouffent François Martin.

Il va finir par sortir de sa voiture, pour respirer, François Martin, parce que Fabien, Fabien au large sourire, Fabien lui fait signe d’entrer au chaud.

L’histoire de ces trois jours de vie.

L’histoire de cette rencontre entre ces deux hommes qui ne se parlent pas.

Je t’ai pas dit, Fabien est handicapé, moteur, et mental. Il a eu un accident Fabien, mais je te raconte pas parce que les spoilers, j’aime pas ça.

J’ai retrouvé cette écriture de Patrick K. Dewdney, cette écriture si juste et si précise, qui m’avait déjà percuté (c’est le mot) dans les deux romans que j’ai lus il y a quelques mois.

Mon seul regret, parce qu’il en faut un, c’est qu’il se soit lancé dans « Le cycle de Syffe ». J’aime pas les séries. C’est trop long à lire quand tu tombes dedans.

Je le sais, je suis tombé dans le cycle de « La tour sombre » de Monsieur King.

Alors bien sûr que ce roman n’est pas inoubliable, bien sûr qu’après avoir lu « Crocs » et « Écume », d’aucuns, toujours les mêmes, vont dire que Patrick Dewdney est capable de mieux faire.

Alors bien sûr.

Mais ces d’aucuns-là devraient ne pas oublier que « Mauvaise graisse » est sorti avant les deux dont auxquels je te cause.

Alors ?

Tu vois les d’aucuns font moins le malin.

J’adore ce mec. C’est un de ceux dont j’attends les romans avec impatience… Alors peut-être que je vais me laisser tenter par « L’enfant de poussière », pour voir.

Je veux dire, pour lire.

C’est tout ce que j’ai à dire sur ce roman.