L’institut – Stephen King

L’institut – Stephen King

C’est King… Une espèce de leitmotiv à chaque fois qu’il sort un nouveau roman : c’est King, alors je vais adorer ce bouquin parce que c’est King…

Tu te souviens de « Charlie » ?

Un môme, avec un cerveau capable de faire cuire des œufs au plat, enlevé par des gens qui appartiennent à une société mystérieuse…

C’est ça. Tu te souviens.

J’ai mis quelques jours à me décider à faire cette chronique, parce que j’ai un peu honte d’être sans doute une voix discordante dans le concert de louanges que tu vas entendre sur l’ouaibe. Surpris aussi qu’après quelques jours, il ne me reste plus qu’un goût un peu amer de cette lecture, comme un manque de quelque chose que j’attendais, dont je ne doutais pas.

Tu sais donc déjà où je veux en venir…

Les enfants, c’est un peu le truc récurrent chez Monsieur King.

Tu vois, je suis fâché, mais je dis Monsieur quand même.

Donc, récurrent.

« Shining », bien sûr, « Simetierre », évidemment, et puis « Ça », et puis tous ceux où les mômes, sans être les personnages principaux, en sont des protagonistes importants.

Mais c’est sans doute aussi pour ça qu’on l’aime tellement. Ces peurs de gosse qu’il fait sortir de sous le lit, et qu’il nous envoie dans la figure…

« L’institut », donc.

Luke, c’est le personnage principal. Il a douze ans et il est surdoué. En plus, il fait des trucs bizarres, genre télékinétiques.

Du coup, il est enlevé et déposé très délicatement dans un endroit secret. Ça s’appelle « L’institut ».

Il est pas tout seul.

D’autres mômes, des adolescents, des filles et des garçons.

Ils font tous des trucs bizarres. Certains sont même capables de lire dans ta tête.

Quand je dis « ta tête » c’est une image.

Les gosses sont torturés pour développer leurs « pouvoirs ». C’est parfois un peu plus violent que ce à quoi King nous a habitués. Je dis bien violent, pas noir. Alors bien sûr que ce n’est pas « Charlie ».

Bien sûr.

Mais ce n’est pas non plus « Le fléau » ou « La tour sombre »… Ce n’est pas un roman tel qu’on peut l’espérer chez King. On en est loin. Vraiment loin.

Rien de ce qu’il aurait pu en faire. Rien qui empêche ce bouquin de me tomber des doigts et des mains sans que je puisse rien empêcher.

Son précédent roman, « L’outsider », m’avait plutôt pas mal intéressé, même si la fin, et je rejoins pas mal de gens, avait été un peu décevante. Mais là… Que dalle.

Un des rares romans de King où je me suis forcé à tourner les dernières pages.

Alors oui, il y a toujours cette poésie, présente dans presque chacun des livres de King, cette capacité à nous faire redevenir des mômes, avec leurs peurs, leurs attentes et leurs espérances, les gentils et les autres…

La lutte entre le Bien et le Mal.

Trump, qui est le Mal, Obama et Hillary Clinton, qui sont le Bien…

Une espèce de crise larmoyante sur l’Amérique d’aujourd’hui, et puis plus rien.

Le King nous avait habitué à mieux. Tellement mieux.

C’est tout ce que j’ai à dire…