Les guerres intérieures – Valérie Tong Cuong

Les guerres intérieures – Valérie Tong Cuong

Valérie Tong Cuong, je l’ai croisée deux fois. À chaque fois, j’ai été bluffé par sa gentillesse et son sourire. Son érudition, sa capacité à parler de ses romans…

Tout ça.

Je me souviens de ma lecture de « Big », ma référence quand je parle d’elle. Et pourtant, elle a commis d’autres romans depuis ce premier bouquin que j’ai grave aimé.

Des belles choses, peut-être moins noires mais toujours de bonne qualité. La langue est en général facile à reconnaître, vocabulaire et tournures de phrases, le fameux style dont je parlais il y a quelques jours…

J’avais plutôt été agréablement surpris par « Pardonnable, impardonnable », ou par « Où je suis », des récits bien construits sur la culpabilité et la rédemption.

Dans ce roman, on aborde, encore, les mêmes thèmes. Un comédien plutôt raté, ou en tout cas pas vraiment reconnu par ses pairs, coupable d’une lâcheté finalement très ordinaire, qui aurait pu être la mienne.

La tienne aussi. Va pas croire que t’aurais fait autrement que lui…

Une lâcheté, comme ça arrive souvent, qui te revient dans la gueule après quelques années, ou quelques mois.

Alors encore une plongée, sans bouteille ni scaphandre, dans l’âme humaine et ses chemins tortueux.

Un thème déjà abordé, avec bonheur de temps en temps, par d’autres écrivains, avec intelligence par quelques-uns.

Très peu.

« Les guerres intérieures » m’a fait penser à un joli travail d’étudiant en littérature. Tu te souviens de ces dissertations qu’il fallait rendre à un prof de français qui avait du mal avec ton écriture ? ce prof qui te demandait la thèse, l’antithèse, et la synthèse… Ce que tu étais incapable de commettre.

En tout cas, quant à moi, je savais pas faire. Ça me gonflait.

Valérie Tong Cuong aurait sans doute tapé un 18/20.

Le postulat de départ ne m’a pas convaincu, et la suite guère plus. Toutes les ficelles sont tirées, les sentiments exacerbés, le genre de bouquins que/ les gens, la plupart en tout cas, aiment vraiment bien…

J’ai entendu ça la dernière fois que je l’ai croisée, au détour d’une soirée littéraire. Les gens adorent les bons sentiments. Ils adorent croiser ces personnages dans ce qu’on appelle aujourd’hui littérature « feel good »… Ceux qui s’auto-pardonnent, ceux qui t’expliquent à quel point la rédemption est une chose facile, que la vie est belle, finalement…

Moi, j’aime pas.

D’ailleurs, lors de cette fameuse soirée, j’ai rien dit sur ce roman.

Je l’ai lu, parce que je suis poli. Bien élevé, même parfois.

Mais, je vais pas te mentir, je me suis fait chier. J’ai pas aimé me faire chier. Parce que Valérie Tong Cuong, je l’aime vraiment bien.

Mais bordel, on est à des années lumières de « Big ».

Le prochain, peut-être ?
C’est tout ce que j’ai à dire sur ce livre.