Génocide(s) – Kazuaki Takano

Génocide(s) – Kazuaki Takano

Les presses de la cité

 

Comment te dire… Parfois j’ai envie d’un roman tranquille. D’un roman où le mec ou la nana me raconte une histoire. Où je me pose pas de questions existentielles sur le devenir de l’être humain… Où finalement je suis comme au cinéma, face à un écran inventé par l’auteur et où, comme un môme, je profite des images fabriquées par les mots.

Alors je suis tombé par hasard sur ce roman japonais, tout en bas du rayon, à la lettre T. Mes souvenirs d’auteurs japonais sont liés à Murakami Ryû, et à ses « Bébés de la consigne automatique ». C’est vrai que je t’ai jamais fait de chronique sur ces romans. On verra.

Je dois relire des passages pour savoir ce que j’ai à en dire, et ils sont dans des cartons…

Ne lis pas la quatrième de couv de ce bouquin, parce que du coup, t’auras pas besoin de lire le roman. Les éditeurs sont parfois de parfaits crétins, et c’est le cas des presses de la cité pour ce roman. Pourquoi tenter de raconter l’histoire en douze lignes ? Pour te donner envie ? L’envie est, à mon sens, liée à ce que tu ne sais pas, à ce que tu espères, où à ce que tu imagines. Pas là . Quand t’auras lu ce qu’en dit l’éditeur, tu peux reposer le roman. Tu sauras tout ce que tu liras si tu tournes les pages.

C’est ballot !

Je m’énerve pas, Ghislaine, j’explique…

Alors bien sûr que certaines scènes te renvoient dans la figure les exactions commises au nom de je sais pas exactement quoi en Afrique. Alors bien sûr que certaines descriptions seront pour certains difficiles à supporter. C’est des conneries. C’est pas pire que ce que tu vois à la télé, j’imagine. C’est pas pire que ce que certains auteurs t’expliquent en te décrivant avec précision une autopsie… Donc c’est pas pire que ce que la télé te file à bouffer dans ces séries américaines où les héros sont des mecs du FBI ou de NCIS (je connais pas vraiment les termes, alors excuse-moi si je me trompe).

C’est pas pire, mais c’est pas mieux non plus.

Des scènes de massacres dans des villages du Congo, des scènes de guerre alors que tu pensais que les guerres, c’était fini.

Que nenni, comme dit Éric Maravélias dans son odyssée…

« Le mec en avait deux balèzes dans son calbut. »

Et les mecs dont nous cause Takano, ce sont des mecs comme ça. C’est pénible. Je sais pas toi, mais moi, mes potes sont pas tous des anciens < »Hubert ».

Alors tu vas apprendre plein de trucs dans ce roman. Tu vas savoir comment mettre au point un nouveau médicament. C’est chouette. Sauf que je ne suis pas chercheur en génético-pathologies et que finalement, je m’en tape de la procédure à suivre pour finaliser une molécule qui va servir à guérir, peut-être, des centaines de milliers de personnes. Quand je dis que je m’en tape, ça veut dire que ce n’est pas mon métier, finalement, et que ces procédures, au milieu d’un roman, je suis pas sûr que ça m’emporte très loin. On en revient aux pas dans la neige, ou à « Sous la neige, nos pas » de Laurence Biberfeld. Des vrais mots pour une véritable émotion. Ce n’est pas le cas dans ce bouquin.

D’aucun (qui l’ont reçu en service de presse, je vais me faire des nouveaux potes) ont écrits des « avis » complètement dithyrambiques sur ce roman. J’ai envie de leur dire « Sérieux les gars, vous avez pas l’impression de raconter des conneries complètement injustifiées ? ».

Bien sûr que tu vas tourner les pages, pour savoir. Bien sûr que tu vas te demander si ces mômes vont être sauvés. C’est du Harlequin. Juste du Harlequin déguisé par un éditeur qui tente de sauver la mise en proposant un roman japonais.  On est loin de Murakami Ryû. Vraiment loin.

J’imagine que visualiser une immense bibliothèque, pleine de livres (gratuits), est un but que certains imaginent inaccessible et qui justifie de raconter des conneries sur un roman pour en recevoir d’autres. Mais finalement, pour toi, la bibliothèque idéale, c’est combien de bouquins ? Une étagère ? Deux ou trois ?

Pareil pour moi. Pas plus. Ceux qui t’ont mis dans la tête une petite musique qui ne s’arrête jamais. Ceux que tu ouvres au hasard pour retrouver ces sensations étonnantes que les mots ont fabriquées. Ces émotions violentes que tu ne pensais pas croiser dans un roman.

La littérature, à mon humble avis, c’est ça. Des mots. Ce mec, raconté par Zola, qui fait l’amour à la Terre comme si elle était son amoureuse et qui fabrique cette image, cette scène que tu n’oublieras jamais.

Avec ce roman de Takano, on en est à peu près à un milliard de kilomètres.

C’est tout ce que j’ai à dire sur ce roman.

 

 

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