Dehors les chiens – Michaël Mention
Dehors les chiens – Michaël Mention

Dehors les chiens – Michaël Mention

Dehors les chiens – Michaël Mention

Éditions 10/18

 

Michaël, je le connais. On s’est croisé par chez moi sur un salon du polar, avant qu’on doive se reconnaitre à la forme du masque de Batman qu’on porte tous aujourd’hui. Et puis sur son conseil, j’avais fait l’acquisition et je m’étais régalé, vraiment, avec « Bienvenue à Cotton’s Warwick ». J’en causais là :

https://leslivresdelie.net/bienvenue-a-cottons-warwick-michael-mention/, va voir.

Ça te fera une lecture à envisager…

Les ouaistairnes, j’aime vraiment bien. Mais attention, je suis resté bloqué à « Il était une fois dans l’ouest », et à quelques films récents avec Tommy Lee Jones et autre Django.

Je sais, c’est du lourd, et c’est aussi le moyen de te mettre ce morceau d’harmonica au fond de la tête de ton cerveau, sur le côté droit.

D’aucuns ont déjà causé sur ce roman, parce que d’aucuns l’ont reçu en service de presse. La difficulté, et j’en avais parlé, il y a quelques jours/semaines/mois, je sais plus, c’est que les d’aucuns dont il est question ont tendance à dire du bien des livres pour que leur bibliothèque continue à s’agrandir. Pour se rajouter des Billy en quelque sorte…

Certains d’aucuns, pas tous.

Pour ce ouaistairne-là, je suis peinard, je l’ai acheté avec mes sous, donc je dis ce que je veux.

Pour commencer, je ne veux même pas imaginer la quantité de documentation que Michaël a dû avaler pour écrire ce roman. C’est monumental. Parce que si tu me demandes de te parler de l’Ouest américain dans les années 1860, c’est pas gagné. Je sais pertinemment qu’il y avait des cow-boys et des indiens, que les indiens avaient déjà commencé à se faire massacrer (on peut dire massacre génocidaire, c’est couramment admis), que les mecs étaient de vrais durs à cuire, et que les gonzesses aussi, et que si t’avais pas de colt, t’avais rien.

Tu vois, je sais des trucs, comme tout le monde.

Sauf qu’écrire un roman tout en entier avec aussi peu de choses, c’était pas gagné, donc il a fallu de la documentation. Plein.

Tu te souviens de cette expression appelée « le rêve américain » ?

C’était avant le drame.

Quand les seuls habitants de ce continent étaient ceux qui vivaient avec la nature et la respectait, quand personne ne massacrait des bisons pour que les amérindiens n’aient plus rien à bouffer, ni ne leur offraient des couvertures avec de la variole dessus. Le bon temps.

Le roman de Michaël, il sent pas toujours très bon, et c’est sans doute ce qui fait son charme. L’odeur qui se dégage de ces pages qui te semblaient plutôt très propres quand tu as acheté le bouquin. Et si elles ne sentent pas très bon, c’est surtout lié au fait que les personnages ne prennent pas de douches tous les jours, et que les cadavres, au bout d’un moment, si tu ne t’en occupe pas, ils finissent par puer grave. Peut-être aussi que ce qui ne sent pas très bon, ce sont les rêves et les espoirs qui finissent par pourrir et se désagréger.

Tu vas croiser Crimson Dike. Crimson et Jolly Jumper. Parce que tu vas forcément penser au cow-boy qui roule ses clopes et qui dit « Flute, allumettes mouillées » après avoir traversé une rivière à la nage. Tu te souviens ? Lucky Luke qui fumait, avant qu’on ne nous protège de tout ce qui pourrait nous faire imaginer que la chaîne était assez longue pour aller voir plus loin, tout au bout de nos rêves.

Crimson, c’est un genre de James West, mais sans Arthémus Gordon. James West moins bien habillé, moins bien rasé, et amoureux d’une institutrice.

Je dis ça pour causer, Ghislaine, parce que James West, je l’ai jamais vu avec une gonzesse. Mais c’est encore l’histoire de la longueur de la chaine…

Un personnage magnifique de sombritude (néologisme), de cradure (néologisme aussi), et d’humanité cachée derrière la rectitude du devoir.

D’ailleurs, tous les personnages sont d’une justesse telle que tu les vois apparaître au moment précis où Michaël tapote sur son clavier les mots qui les inventent.

C’est beau.

C’est beau parce que c’est rare.

On a tellement l’habitude de bouquins pliés en deux mois qui restent au niveau de la rédac de quatrième que Michaël fait du bien quand on le lit.

Ça fait chier de participer à la populaire dithyrambe qui dit du bien du garçon. J’aurais bien aimé discorder un peu et te dire un truc méchant dont j’ai l’habitude.

C’est raté.

J’ai passé un vrai super bon moment de lecture, qui m’a fait prendre conscience que le monde a bien changé, qu’aujourd’hui tous les politiques sont devenus honnêtes et respectueux de nous autres, le Peuple, qu’enfin les femmes sont devenues des êtres humains, et qu’on élève les petits garçons dans cette optique de respect et d’amour…

Je déconne.

C’est tout ce que j’ai à dire sur ce roman.