Copycat – Alex Lake

Copycat – Alex Lake

Éditions Pygmalion

Une bonne idée, ça peut faire un bon bouquin ?

À ton avis ?

Moi je pense que oui. Ça peut.

Parfois.

De temps en temps.

Alex Lake a décidé de te parler des rapports entre les humains. Il a décidé de te parler de ces rapports complètement faussés entre tes amis facebouquiens et toi. Ceux que tu imagines parfois à travers les images et les photos qu’ils postent sur le rézô du ouaibe.

T’es sûr que c’est bien eux que tu vois ?

T’es sûr que les sourires qu’ils affichent sont ceux de la vraie vie ?

Et puis surtout comment déceler entre tous ces événements le vrai du faux ?

Ça c’est le premier effet Kiss Cool.

Le deuxième effet, c’est la haine qui peut être déclenchée par un élément extérieur dont tu n’as pas eu connaissance. Une haine qui va fabriquer des chaines et t’emporter à la cave, dans le noir, attaché à un mur qui ne te renvoie que les images que tu tentes désespérément de transformer en réalité.

Une fois n’est pas coutume, je te fais un pitch rapide.

Demain, t’as un coup de fil, un vieux pote ou une vieille potesse, qui te demande d’intégrer ton réseau d’ami. Toi, t’es plutôt d’accord, alors tu lui dis que c’est OK pour toi.

« Quel compte ? » il te demande.

Et ça commence là.

T’as vu, c’est un chouette pitch…

Je sais qu’il faut que je te cause du livre, du style, de l’écriture, de mes émotions subjacentes et de mes larmes à la lecture de ces 454 pages… Je sais.

Ouais, t’as bien lu. 454 pages.

C’est la difficulté.

Est-il nécessaire de se coltiner 454 pages, même si t’as plutôt tendance à les tourner et avoir la suite du bouquin, pour arriver à une fin assez maligne mais quand même assez téléguidée, et surtout qui a décidé que 454 pages était un bon chiffre ?

L’éditeur ?

Sans doute. Il n’a pas jugé utile de dire à l’écriveur que s’il enlevait une centaine de pages, ça risquait d’être plus confortable à lire, et que ça permettrait de baisser le prix du truc de genre deux balles. Donc à moins de 20 euros. C’était bien, voire carrément suffisant.

Là, t’es presque à 22 et c’est trop pour ce genre de littérature. Parce que faut pas déconner, on est à deux ou trois millions de kilomètres de ce que j’aime vraiment lire.

Je sais que je suis difficile.

Mais pour traiter de la folie, même si tu t’appelles pas Maupassant et que tu ne vas pas réécrire « Le horla », il y a moyen de faire plus court.

Pour te raconter l’usurpation d’identité possible à travers ces réseaux que l’on appelle sociaux, il y a moyen de faire plus court.

Et donc pour te raconter les angoisses dont tu as peut-être été victime, il y a moyen de faire plus court.

Alors bien sûr que tu vas tourner les pages, c’est le but du jeu. Bien sûr que tu vas te laisser prendre aux ficelles quand même bien classiques, parce que là aussi c’est le but du jeu, mais bon…

L’écriture est facile. Pas de style particulier. Il aurait pu être écrit par n’importe qui, avec un tant soit peu de vocabulaire, et une capacité scolaire à poser des points et des virgules.

L’idée est bonne, je te le redis, mais ne t’attends pas à ouvrir le thriller de l’année…

L’intelligence supérieure dont il est question sur la quatrième de couverture s’est cassée sur l’ile de Sukkwan, et c’est David Vann qui l’a ramassée.

Le style, c’est M’sieur Bouysse, M’dame Chevalier et quelques autres qui étaient à la distribution.

Pas Alex Lake.

C’est tout ce que j’ai à dire…