Ce qu’il faut de nuit – Laurent Petitmangin
Ce qu’il faut de nuit – Laurent Petitmangin

Ce qu’il faut de nuit – Laurent Petitmangin

Ce qu’il faut de nuit – Laurent Petitmangin

La Manufacture de livres

J’avais dit une chronique par jour, cause que j’ai du retard, mais c’est pas aussi facile que ça.

Notamment quand tu tombes sur un roman dont tu veux juste dire le vrai, et pas te joindre au dithyrambe ambiant, même s’il est mérité.

Je l’ai lu il y a quelques semaines. Impossible d’écrire dessus sans massacrer ou spolier cette écriture faite de coups d’amour et de larmes.

Difficile parce que ce roman est sorti pile poil au milieu des autres, de tous les autres, et que je l’ai laissé se noyer au milieu de ceux que j’ai lus avant et après. Même s’il est resté dans un coin de ma tête, même si ce père et ces fils sont restés tout au fond de mon p’tit cœur de lecteur sentimental.

Bon alors soyons clairs. Pas lu le roman Goncourisé de Nicolas Mathieu qui s’appelle comme tu sais. Pas lu parce que pas envie de tomber dans ces fresques sociales plus ou moins grandiloquentes (au dire de la ouaiberie) et d’y laisser mes plumes de lecteurs subversif. Je verrai plus tard.

Donc c’était pas gagné que ce roman de M’sieur Petitmangin me plaise. Quitte à causer de l’extrême droite en fond de quelque chose, je suis resté au « Bloc » de Jérôme Leroy. Tu vois ce que je veux dire ?

Donc, un pitch rapide.

Papa travaille à la SNCF, et il continue à voir ses potes de la section, même si les réunions ne sont plus ce qu’elles étaient. On cause moins virulent, en quelque sorte. On refait moins le monde de l’entreprise et on casse moins la gueule des patrons.

Plus pareil.

Et puis, un matin, Maman est morte.

Pas simple de faire grandir deux fils sans la mère. Et merci à l’aimé aîné de tenter de la remplacer…

L’aimé, il s’appelle Fus, et il a élevé son frangin, le Gillou. Je vais pas rentrer dans les détails et te parler du foot ou des déceptions du père face aux hommes que les fils deviennent, ou de l’amour qu’il tente de laisser sortir des tripes et du cœur.

Tu verras.

Pas te parler non plus de la pudeur de la langue de Laurent Petitmangin qui t’explique avec douceur la déliquescence du pays et de ces régions où le travail est remplacé par le chômage.

Tu verras aussi.

Pas te parler de comment le Front, tel le serpent du Disney bien connu, fait les yeux doux et en spirales aux jeunes de ces régions laissées à l’abandon.

Ça aussi, tu verras.

En revanche, te parler de l’Amour du Père pour ces fils, de la retenue dont il fait preuve quand il te dit les maux qui vont t’amener à cet épilogue que tu supposes et que tu prends, comme une grande baffe, en travers de tes tripes.

Tu verras, parce qu’il te la dit aussi, la lâcheté de ce père face aux décisions du fils qui s’écarte du chemin qui lui semblait tracé dans le granit.

Et tu liras la lettre au père.

Parce que l’Amour, sans doute, c’est la lumière qui éclaire nos chemins.

Laurent Petitmangin, avec des tout petits mots, a su écrire un très grand roman.

Merci M’sieur.

C’est tout ce que j’ai à dire, sur ce roman.