Ce qui vient après – JoAnne Tompkins
Ce qui vient après – JoAnne Tompkins

Ce qui vient après – JoAnne Tompkins

Ce qui vient après – JoAnne Tompkins

Éditions Gallmeister

 

Dans l’État brumeux de Washington, Isaac traverse seul le deuil de son fils adolescent, Daniel, assassiné par son meilleur ami Jonah. Ce dernier se suicide et le monde de sa mère Lorrie s’effondre à son tour. Il n’y a aucune explication à ce drame. Isaac et Lorrie, autrefois amis, s’évitent telles des ombres séparées par leurs pertes incommensurables. Jusqu’à l’apparition soudaine d’une sans-abri de seize ans, enceinte. Recueillie par Isaac, accompagnée par Lorrie, Evangeline devient un rai de lumière dans leur vie. Mais une révélation éclate : la jeune fille avait croisé le chemin des garçons la semaine du meurtre. Tous trois devront confronter leurs souvenirs douloureux. Car comprendre le passé est leur seule chance de pouvoir se tourner vers l’avenir.

 

Richard Bach disait, dans « le Messie récalcitrant », « Au sein de chacun de nous se trouve le pouvoir de consentir à la santé et à la maladie, à la richesse et à la pauvreté, à la liberté et à l’esclavage. C’est nous qui maîtrisons cela et nul autre. »

Il est possible que ça te fasse penser à quelque chose.

Il disait aussi « Le lien qui t’unit à ta vraie famille n’est pas le lien du sang mais celui du respect et de la joie dans la vie de chacun de ses membres. Il est rare que les membres d’une même famille grandissent sous le même toit. »

Voilà voilà.

Tu en sais sautant que moi.

Deux semaines pour écrire cette chronique.

J’ai même lu des trucs sur le ouaibe genre « grandiose », « lumineux », le bien connu  « coup de cœur », et bien sûr « la Baffe de l’année ». Alors tu me connais, pour continuer à me faire des potes internetifs, je fais gaffe à ce que j’écris.

C’est intelligent, et c’est bien.

Ça fait pas pleurer dans les chaumières, et c’est bien aussi.

Pas trop pleurer.

Tu vas donc croiser Isaac. C’est un Quaker. Quand j’étais môme, j’étais fasciné par ce mot. Il était écrit sur une boite de céréales. C’est te dire si j’avais le niveau en religion quand j’avais 4 ans. Il a fallu que je cherche dans l’encyclopedia Universalis que m’avait offert mon grand-père, et ça n’y était pas. Du coup, il a fallu que je demande aux adultes, et ils ne savaient pas. Je me souviens d’un mec avec un chapeau bizarre sur la boite, mais ça m’avait pas beaucoup aidé.

J’ai dû laisser tomber après, puisque je n’avais pas ma réponse.

Tout ça pour t’écrire qu’il a fallu que je croise JoAnne Tompkins pour m’intéresser à nouveau à ces Amis, puisqu’ils s’appellent comme ça entre eux.

Une page sans t’avoir dit de quoi parle ce roman, je suis de plus en plus balèze. D’aucun fait des pitchs qui racontent l’histoire, et bien d’aucun, c’est pas moi.

Donc, Isaac, un Ami, et Laurie, une Amie aussi.

Anne Bourrel, dans « Grand’ Madam » parlait d’êtres humains pelés, même si c’était dans un contexte différent, puisqu’il s’agissait de la prostitution. Je sais, rien à voir avec ce qui nous préoccupe, mais c’est sans doute ce qui m’a le plus marqué, en ce qui concerne Isaac.

Il est à vif.

Son fils est mort et il est à vif.

Quand on est à vif, la seule chose dont on a envie, c’est d’être seul. Que surtout personne ne vienne marcher au milieu de ses émotions et te proposer des solutions qui n’engagent que celui que te les propose, justement.

Quand tu perds un enfant, qu’est-ce que tu peux faire, après ça ?

Juste le silence.

Juste pas les mots dits, à peine les mots murmurés.

Lorrie essaye de murmurer, mais c’est parfois difficile. Lorrie, c’est son fils qui a tué celui d’Isaac.

Alors Evangeline.

Celle par qui le pardon pourrait arriver. Evangeline, une enfant qui a croisé la vie des deux adolescents morts. Evangeline qui ne sait pas dire les choses non plus. Elle est celle qui vient après.

Tu vas avoir à lire des mots avec de la poésie dedans, des mots aussi avec de la souffrance et de la douleur. Cette douleur qui te brûle jusque dans l’intérieur, pour faire fondre l’Amour que tu avais pour ceux qui sont partis.

Tu vas apercevoir un peu de lumière à travers les feuilles. Tu sais, quand tu te balades en forêt et que le soleil a du mal à percer la frondaison.

JoAnne Tompkins te parle aussi de la paternité. De la maternité. De ces instants où tu as l’impression de tout avoir raté quand tu es face au malheur et à la souffrance.

L’impression de ne pas avoir assez donné et de ne pas avoir su prendre l’amour qui t’était offert.

Tu vois ce que je veux dire ?

Le choix de JoAnne Tompkins a été de ne pas te faire chialer à toutes les pages. Elle aurait pu, c’est facile. Surtout quand comme moi, tu es un genre de Haut Potentiel Émotionnel et que tu chiales à la moindre histoire d’amour entre un chien et un humain.

Je t’ai pas parlé de Rufus.

Tu verras.

Sans doute le personnage le plus attachant de ce livre sur l’amitié, l’amour, la rédemption, le pardon, la souffrance, la douleur, l’oubli…

Je sais, ça fait beaucoup de thèmes dans un seul bouquin.

Alors de là à te dire que j’ai trouvé quand même pas mal de clichés dans ce roman, il y a un pas que je franchis allègrement.

De là à te dire que j’y ai trouvé des longueurs, voire des pages pas franchement nécessaires…

De là à te dire que l’auteur se répète et que je me suis ennuyé, souvent…

Mais bon, au vu de ce qui sort aujourd’hui en littérature, on va se laisser penser que c’est un roman qui fait partie des bons de l’année.

D’aucuns, toujours eux, ont comparé « Ce qui vient après » à « My absolute Darling ».

Faut pas déconner non plus.

C’est tout ce que j’ai à dire sur ce roman.