Carajuru – Sébastien Vidal

Carajuru – Sébastien Vidal

Éditions Lucien Souny – Plumes noires

 

 

Encore un qui insiste… malgré ma phrase culte que je vais pas te faire l’affront de te répéter. T’as qu’à chercher.

Il s’appelle Sébastien Vidal. Il court, et il aime la bouffe. Il poste régulièrement des photos de tartes aux trucs qu’il trouve par chez lui.

C’est sympa même si c’est pas ma tasse de thé à moi.

Les photos, je veux dire.

Bon. Encore un titre à coucher dehors. Le premier déjà, c’était limite… Mais j’avais bien aimé.

Une odeur d’Amérique, avant qu’elle appartienne à ceux qui ont massacré (j’allais dire génocidé) les autres, qui étaient là bien avant tout le monde. Ceux qui savaient que la terre appartient d’abord à nos enfants, et qu’ils nous la prêtent.

Enfin bon.

C’est un policier, donc. Mais pas que. Il est grave bien écrit. Une langue qui m’a parfois fait penser à celle de Bouysse, et dans ma bouche, c’est pas un mince compliment. Tu sais que pour moi, la langue, le style, c’est important. Ça permet de reconnaître celui ou celle qui dépose ses mots sur le papier, et c’est pas tout le monde qui peut faire ça. C’est pas tout le monde qui peut emmener ses lecteurs se promener dans la campagne avec les vrais mots, ceux qu’il faut employer pour pas dire de conneries, pour pas appeler la canopée « le truc en haut des arbres »…

Pas simple de te faire ressentir l’amour qu’il a pour la Corrèze, parce que c’est chez lui, et qu’il aime en sentir les odeurs, celle de la forêt après la pluie, celle des arbres qui nous aident à grandir.

Bon, j’arrête les digressions. Mais la lyrismation (néologisme, je fais ce que je veux, c’est ma chronique) de Sébastien Vidal m’a rendu poésif (Pareil, néologisme…)

L’histoire ?

C’est Walt (un gendarme). Je l’avais croisé déjà dans le premier roman de M’sieur Vidal. Je l’aime bien. Donc c’est Walt, à qui il arrive encore un truc de dingue. En même temps, c’est normal, puisqu’on va te raconter une histoire. Il patrouille, avec son coéquipier, et il découvre (tu vois le suspense) un mec mort. Logique. S’il avait été vivant, ça aurait été beaucoup moins bien pour l’enquête.

C’est bon ? J’en ai pas trop dit ?

Une chouette enquête, qui t’emmène au cœur de ces services de gendarmerie qu’on connaît finalement assez mal. Des personnages plutôt très bien racontés, et tu le sais parce que quand tu commences à considérer les personnages d’un roman comme des gens que t’aimerais bien croiser, c’est réussi.

Un bémol ?

Ben ouais, forcément… Tu me connais. Y en a deux.

S’il y a un truc qui me gonfle, c’est d’avoir besoin d’un dictionnaire quand je lis. Et là, franchement, il y a des passages qui auraient mérité peut-être un peu moins de lyrismation, justement. Pourtant je crois que j’ai un peu de vocabulaire, mais j’aime quand on me raconte une histoire. Pas quand c’est un cours de botanique… Tu vois le style ?

Deuxième bémol ?

Les scènes avec la nana de Walt. Forcément tout à fait exceptionnelle, magnifique, belle, intelligente, touçatouça… C’est déconné. J’ai eu l’impression d’être dans une série pour ado, où ils sont tous top-modèles… Et parfois une drôle de sensation, comme du voyeurisme. Ça j’ai pas trop aimé. Je préfère sans doute la suggestion. C’est mon côté fleur bleue.

Mais c’est une chouette histoire, avec des personnages parfaitement décrits, et une nature dont la présence vient atténuer les difficultés de cette vie de flic…

Ouep, la nature.

Je crois que la plus grande réussite de Sébastien, c’est de m’avoir donné envie d’aller courir avec Walt,

d’aller sentir ses forêts, et accessoirement, de me faire inviter à goûter une des tartes dont il a le secret.

Et puis aussi de rencontrer un des amis de Walt.

Un vieil écrivain, qui vit avec un singe.

Un vrai singe. T’as pensé à Léo Ferré ? Moi aussi.

Peut-être envie de le rencontrer, tout simplement.

Jolie collection de Chez Lucien Souny, de qui j’avais déjà un chouette souvenir.

Un véritable éditeur, prêt à donner leur chance à des auteurs complètement inconnus.

Dans ce cas précis, te laisse pas avoir, pour moins cher qu’un paquet de clopes qui te servira à rien, tu vas passer un excellent moment.

Aujourd’hui, ça se refuse pas.

 

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