Carnets noirs – Stephen King

Carnets Noirs – Stephen King

« Et toi, fidèle lecteur, Dieu merci, tu es encore là après toutes ces années. Si tu t’amuses, moi aussi. »

Je me souviens avoir refermé « Le fléau », début des années 80 à sa première parution avec une déception liée au manque de pages.

Je t’explique.

Certains bouquins, rares, c’est vrai, mais ça arrive, tu voudrais qu’il fasse quelques centaines de pages supplémentaires. Tu piges pas pourquoi l’auteur il a enlevé des trucs. Parce que t’es sûr qu’il a enlevé des trucs. Quand « Le fléau » est ressorti, dix années plus tard, j’ai eu comme une sensation de bonheur. Il l’avait fait. Me suis replongé dedans avec un plaisir que j’ai rarement retrouvé.

Donc, « Carnets noirs ».

C’est magique.

Pas dans le sens « Harry Potter », mais dans celui où quand tu le commences, ce bouquin, tu l’emportes partout. Même dans des endroits où d’habitude tu traînes pas trop. Ben là, tu traînes.

Certains vont dire que King, il a un genre d’obsession de l’écrivain poursuivi par ses fans. Tu te souviens de « Misery ».

Franchement, moi, je m’en tape qu’il soit obsédé par ça. Il l’écrit tellement bien que chaque histoire est une nouvelle histoire.

Alors, c’est sûr, les héros, on les a croisés déjà, dans « Mr Mercedes », mais c’est pas très important.

Ce qui est important, c’est la facilité avec laquelle Monsieur King il t’emmène dans ses histoires. La facilité avec laquelle les mots s’enchaînent pour te balancer des trucs dans la figure, des émotions, des coups parfois, la vraie vie, quoi.

Pas de fantastique dans ce roman.

Juste un peu, mais je te dis pas.

Il jongle entre deux époques, 1978 et 2009.

C’est pas simple.

1978, c’est « Les bronzés », « La cage aux folles », et « Grease ». Tu vois, année disco-comique au cinéma.

2009, c’est « Avatar » et « Inglourious basterds », pas le même genre.

C’est comme ça que tu te rends compte que la vie, elle a changé pas mal et donc t’imagines la tête (dedans et dehors) du type qui sort de taule après 30 ans passés dans une cellule de 3 m par 3.

Ça a l’air simple, comme ça, mais ça l’est pas.

Ça l’est pas de te faire vivre dans le cerveau du type en question et pourtant, King, il y arrive avec une facilité presque déconcertante. Puis il te transporte dans la tête d’un gosse de 13 ans, et là encore, tu te poses aucune question, tu lis, et t’es dedans.

C’est un grand roman, vraiment.

Je sais qu’il a pas besoin de moi pour vendre des bouquins, il m’a pas attendu.

Je sais aussi qu’il y en a des piles dans les librairies, et c’est normal.

C’est normal.

Je peux pas te raconter l’histoire, ce serait pas juste, parce que tu vas le lire, et te dire en le fermant : « Merdasse ! Déjà ? »

Merci Monsieur King.

Moi, je vous lis depuis 1976.

« Carrie ».

J’avais claqué une partie du fric gagné pendant les vacances pour acheter le livre.

Depuis, je suis encore là.

Et je m’amuse.