Amérithrax – John N. Turner

Amérithrax – John N. Turner

John, il m’a envoyé son roman, avec une jolie dédicace. On se connaît un peu. On s’est croisé dans la première édition du concours Anonym’us.

Je l’ai déjà dit, mais je l’aime bien, ce mec.

Anthrax. Tu te souviens ?

C’est au moment où on t’a dit de faire gaffe quand t’ouvrais une lettre.

Je rigole.

C’était là-bas. Chez les Indiens et les cow-boys. J’ai mis les Indiens en premier, parce que c’est un peu eux qu’étaient là avant tout le monde.

Bon. C’est pas le sujet, même si y en aurait pas mal à dire.

Le sujet, c’est le bouquin de M’sieur Turner.

Il rigole pas, lui.

Il a écrit l’histoire qui a commencé avec Robin Johnson. Tu te souviens pas de lui ? Moi non plus. J’ai dû chercher sur Startpage (https://www.startpage.com/).

Il est mort après avoir ouvert une lettre. Dans l’enveloppe, il y avait de la poudre. Pas celle que tu crois. De l’anthrax.

L’anthrax, ça tue les gens.

Tous les gens.

Et l’enquête de Darrin Speman va durer sept ans. C’est long sept ans.

Un type qui au départ n’est qu’un obscur employé du Bureau, un de ceux qui grattent les papiers, les rapports, mais qui est aussi un spécialiste de l’anthrax.

Comme John.

Pour ça que le roman, c’est 500 pages.

C’est long 500 pages.

Ben tu vas pas t’ennuyer une seconde.

Tu vas te caler dans ton canap’, sur ta terrasse si les voisins sont pas trop bruyants, à la plage si t’habite pas trop loin de la mer, ou si t’es en vacances juste au bord, et tu vas lire.

Tu vas pas le lâcher, parce que tu veux savoir où ils vont, tous ces agents du F. B. I. qui se mettent à harceler un suspect jusqu’à détruire sa vie.

Parce que ça, c’est la vraie vie. Ils l’ont tellement harcelé qu’il s’est suicidé.

Suicidé.

Tu t’en souvenais pas non plus ?

Comment ils s’emballent, tous, parce qu’ils ont besoin d’un coupable, de résultats dans une enquête qui piétine.

Tu croyais que c’était des conneries ?

Tu croyais que quand on te dit qu’il faut faire gaffe à ne pas trop étaler ta vie, c’est juste pour rigoler ?

Ben non.

Ils peuvent te casser la gueule, te supprimer du monde des bisounours, sans même que t’es le temps de dire que t’y es pour rien.

Il écrit bien John. Vraiment bien.

On est à un million de kilomètres des ruraux-écrivains que j’adore, mais tu vas passer un bon moment.

Vraiment.

D’aucun ont vu une série télé dans ce bouquin, un bon film.

Y a ça.

Mais pas que.

Moi, j’y ai vu aussi pourquoi je passe par TOR quand je surfe sur le web,

pourquoi je suis attentif à ce qui est dit sur les réseaux de la société.

J’ai rien à cacher, et alors ?

C’est une raison pour que la boulangère elle connaisse la taille de mes caleçons ?

Il est en poche.

Pas cher.