Money shot – Christa Faust

Money Shot – Christa Faust

Gallmeister – Néonoir

Chronique en si mineur. Si elle avait ajouté deux lignes à son scénario, je t’aurais dit d’aller le chercher.

C’est ma libraire qui me l’a conseillé. Je l’ai pris, et pourtant j’aime pas la couverture.

Pas du tout. Elle est moche.

Mais bon.

C’est un peu comme les tomates, c’est pas forcément les plus jolies qui sont les meilleures.

Bon, le « money Shot », c’est l’éjaculation. Ça, c’est posé, si je peux dire. Christa Faust, elle sait de quoi elle parle, elle a bossé dans le porno.

Là, on est dans celui des States. Pas gentil, voire crade parfois.

Souvent même.

Si tant est que ce soit bien propret ailleurs…

Si t’es amateur de roman noir bien teigneux, du genre qu’éclabousse, tu vas aimer. Tu sais, pour sortir un peu des hommes qui aimaient les femmes qui n’aimaient pas les allumettes qui mettaient le feu à rien.

On se rapproche (me fais pas dire ce que j’ai pas dit) de Thompson. Un perso tout simple, sorti de nulle part, qui pourrait être toi ou moi (t’as pas fait de porno ? Moi non plus. Mais on aurait pu) et à qui il arrive des trucs de dingues.

C’est ça le roman noir, non ?

T’as rien besoin de savoir de plus que ça, mais je vais te dire deux ou trois trucs quand même.

Gina, c’est une ex-star du porno. Elle en fait plus, mais des fois, ça lui manque, on va pas se mentir. Alors elle fonce tête baissée dans les embrouilles.

« Le problème, c’est qu’à l’instar d’un catcheur ou d’un voleur de bijoux, je me suis laissée tenter par un retour. Je n’avais aucune idée que j’allais finir coincée dans un coffre de bagnole. »

J’ai corrigé la faute d’orthographe de la 4e de couv. Ça m’a piqué les yeux.

Bon.

Le personnage que je préfère, c’est le taiseux.

Le garde du corps de Gina.

J’adore ce mec.

J’adore les taiseux en général. Ceux qui disent juste avec les yeux.

Il a été viré de chez les keufs. Il a toujours l’idée qu’il faut quand il faut.

Tu lis vite, au point que tu risques d’être essoufflé à force de courir. C’est ça qu’est bon. On peut pas lire que des trucs qui te laissent des souvenirs pendant dix ans.

Faut en sortir de temps en temps.

On est donc à mille bornes de Julius Winsome.

Pas de souvenir impérissable.

Deux heures de lecture sympa, de sourires, parce que le style est là. On se marre souvent.

Sans doute parce que l’autodérision est présente à chaque page. C’est bien. À aucun moment Christa Faust ne se prend pour qui elle n’est pas. Suffisamment rare pour être souligné.

Point positif, quand même, c’est que l’écriture est vivante, rapide, et qu’il y a cet humour omniprésent.

Pas plus.

Déçu ?

Un peu.

Vingt balles pour ça.

Trop cher.