Surtensions – Olivier Norek

Surtensions – Olivier Norek

 

« L’infirmier l’avertit.

– C’est déchiré. Pas assez pour avoir besoin de recoudre, mais faudra laisser reposer.

Nano toisa son interlocuteur.

– Promis, j’essaierai de plus me faire violer. »

Voilà. T’es dedans.

Je t’en ai pas parlé encore, pourtant je l’ai lu y a un moment. Je suis allé le chercher pas loin de chez moi, quand Norek est passé dans le Sud.

Je l’aimais bien ce mec. Mais ça c’était avant.

Je croyais que c’était un vrai gentil, mais aujourd’hui, j’ai des doutes.

En plus, il écrit pas mal.

Il te laisse, l’air de rien, des questions au fond du cerveau. C’est un flic, à la base. Un vrai. Et quand il écrit, il écrit sur ce qu’il connaît. Ça change tout.

Bon.

Dans ce troisième volume, il y a Coste. Il est là, encore, forcément, c’est lui le capitaine de l’équipe.

Dans code 93, t’as eu droit à la manip des statistiques.

Dans Territoires, les magouilles pour se faire élire.

Et là, t’es où ? T’es en prison. Et c’est pas beau. Si t’as l’occasion, il y a un photographe qu’a balancé des photos qu’il a prises aux Baumettes. La prison modèle de Marseille.

Va voir, c’est là :

https://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/societe/20121206. OBS1730/en-images-dans-l-enfer-de-la-prison-des-baumettes.html

Bon, c’est pas le sujet.

Le sujet, c’est les aventures de Coste et de son équipe.

Les aventures. On se croirait dans un film de Disney. Ça a l’air sympa dit comme ça. C’est tout sauf sympa, parce que Coste, il en a assez. Il est fatigué. Sans doute de constater que rien ne change. Jamais.

Et Coste, grâce à Olivier Norek, il existe. C’est un vrai type que tu finis par connaître pour de vrai. Et ça te change des super-flics de la télé. Tu les regardes pas non plus ?

Change rien.

Tu te rends compte au fur et à mesure que la vie emporte tout le monde. Les truands, les flics, toi, moi, tout le monde. T’as beau savoir nager, parfois, l’eau est tellement pourrie que t’arrive pas à avancer.

Et quand t’es sûr d’avoir fait un truc pas terrible, c’est pire encore. Tu sais, la culpabilité, la rédemption, tous ces trucs dont on te parle depuis que t’es gosse. Ben là, t’es en plein dedans.

T’es en plein dedans parce que parfois, tout ça te dépasse. T’as beau faire, tu peux rien arrêter. Tu peux rien changer.

Un polar qui est en rupture totale avec les classiques du genre. Là, les flics, c’est des vrais gens, et c’est pas mal.

Ceux que tu vois dans les infos, qui sont un peu perdus devant les manifestants, devant les tueurs de flics, devant leurs hiérarchies, devant leur ministère.

T’as plusieurs histoires dans le bouquin.

Plusieurs histoires différentes, qui se rejoignent, qui se croisent, qui t’emmènent juste là où Olivier Norek il veut que tu ailles.

La différence avec la plupart des polars que j’ai pu croiser, sans doute, c’est le fameux supplément d’âme que Norek ajoute aux personnages.

Un point important.

Quand t’as mis le nez dedans, t’en sors pas.

Le style de Norek fait que tu vas juste tourner les pages, tu sais les “page-turner”… J’aime pas trop ça, mais ça détend.

Fais-toi plaisir, lis-le doucement, sinon, tu vas regretter ton pognon. Moi, j’ai un peu regretté…