Inflammation – Éric Maneval

Inflammation – Éric Maneval

La manufacture de livres – Territori

 

 

 

Il y a quelques mois, je te disais ça sur Eric Maneval : Maneval, il te dit rien. Il te raconte juste. Mais il te raconte bien.

Vraiment bien.

Tu sais jamais où il veut t’emmener, mais t’y vas. Tu le suis. Tu peux pas lâcher son bouquin. Un vrai grand roman noir.

J’ai commencé « Inflammation » un matin. C’est Madame La Manufacture qui me l’a envoyé. Elle est gentille. Je l’ai fermé le soir.

Et j’ai les glandes.

J’ai les glandes parce que je l’ai terminé. J’aurais dû lire doucement. Savourer.

Aimer les mots comme lui a aimé les écrire. Parce que quand un écriveur aime les mots qu’il te donne à lire, tu le sens.

J’ai déconné, mais je regrette pas. Un putain de roman noir.

Le pitch, il est sur la quatrième de couv. Si tu regardes sur le réseau de la société, tu vas le trouver. Et puis on s’en fout.

Dans le livre, il y a Jean. C’est le personnage principal. Il y a Liz. C’est sa femme. Sa compagne. Son amoureuse.

Liz, un soir, elle se casse. Et Jean, il sait pas pourquoi. Il sait pas parce qu’ils sont heureux. Qu’ils ont deux enfants au top. Que tout va bien.

En plus, il pleut. Mais genre l’orage de la fin du monde.

Quand Liz disparaît, ce soir-là, elle laisse un message sur le répondeur à son amoureux. Elle hurle qu’elle est coincée sur le gué, et elle lui demande pardon.

C’est le dernier message. Les derniers mots.

Attends. Je réfléchis.

Qu’est-ce que j’ai aimé dans ce roman ? Tout.

La façon qu’a Eric Maneval de te mettre au milieu de l’histoire, comme s’il te montrait tout ce qu’il te raconte. La façon dont les mots sont posés, mais ça, je l’avais déjà remarqué dans « Retour à la nuit ».

L’histoire qui t’emmène, les chapitres qui s’alignent et qui te font imaginer que t’as compris où tu vas. Et puis les chemins qui sont jamais tout droit. Les embranchements que tu prends parce que t’as pas le choix, et que M’sieur Maneval, il fait ce qu’il veut avec toi.

Il te promène. C’est un roman sur l’humain. Sur les amis que tu connais par cœur. Tu sais, ceux qui viennent boire l’apéro chez toi, qui récupèrent les gosses à l’école.

Ces amis-là.

Ceux à qui tu donnerais le Bon Dieu sans même qu’ils se confessent. J’ai mis le pluriel. Le Bon Dieu, malgré ce que je crois, Il a pas besoin de se confesser.

Ces amis, donc, qui sont transparents, jusqu’au jour où t’apprends que lui, il est pas net. Alors un roman sur la confiance aussi.

Celle que tu donnes sans réfléchir. Que tu as du mal à reprendre, mais bon, lui, il est pas celui que tu croyais, alors tu reprends.

Alors un roman sur l’Amour. T’as vu, j’ai mis une majuscule. Le manque, quand l’autre s’en va ou qu’il disparaît. La culpabilité parce que tu crois que c’est de ta faute. Parce que t’en es sûr.

Si « retour à la nuit » était écrit avec un cutter, « Inflammation », c’est un livre écrit avec des larmes dans les yeux.

Les larmes que l’absence fait couler, comme des rivières en crue, celles qui sortent de leurs lits, et qui emmènent les souvenirs de ceux qu’elles ont emportés.

Cette putain d’absence que tu finis par imaginer, et qui te fait tellement peur même si tu fais le malin. Le départ de ceux que tu aimes. Le manque de tes « autour de toi ».

C’est un putain de roman.

J’ai rien à ajouter.

Commande-le.

Il sort le 14 novembre.

Tu me diras merci plus tard.

One thought on “Inflammation – Éric Maneval

  1. Je fais le tour du web après avoir rédigé ma propre chronique. Je constate que sur ce bouquin les avis sont assez partagés. Le tien (avis) se distingue par son enthousiasme. Pour ma part j’ai essayé de ne pas être trop négatif mais je suis quand même resté un peu dubitatif.
    PS : Tu dis quelque chose sur les services de presses mais on n’arrive pas à voir quoi, le lien de fonctionne pas. Dommage ! Je pense que tu les refuses, sinon tu n’en parlerais pas.

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